Le XIXème siècle

 Un nouvel élan pour le château Cirey

La Comtesse de Simiane, l'autre grande dame de Cirey


Diane Adélaïde de Damas naît en 1761. À seulement seize ans, elle épouse en 1777 le comte de Simiane. Ce mariage est de courte durée : son époux se donne la mort en 1787, la laissant veuve à vingt-six ans.

Lors de la Révolution française, Adélaïde est emprisonnée. Elle échappe toutefois à la guillotine, contrairement à son oncle et à sa tante, le duc et la duchesse du Châtelet. N’ayant pas d’enfants, ces derniers l’avaient désignée comme héritière du château de Cirey.

Profondément attachée à cette demeure, elle revient à Cirey après la Révolution. Le domaine ayant été déclaré bien national, elle engage alors un long combat administratif pour récupérer les biens non aliénés. Pour ceux qui avaient déjà été vendus, elle est contrainte de négocier avec les différents acquéreurs.

Par une persévérance remarquable, elle parvient peu à peu à reconstituer l’ensemble de la propriété, au terme de cinquante-quatre adjudications. Elle entreprend ensuite de restaurer, décorer et meubler le château, qu’elle avait retrouvé entièrement dépouillé.

Une fois le domaine réuni,  elle porte une attention particulière aux jardins. Elle les entretient, les développe et crée un jardin pittoresque le long du canal, contribuant durablement à l’harmonie du site.

Connue pour sa grande beauté autant que pour sa bonté, Diane Adélaïde de Damas, comtesse de Simiane, s’éteint à Cirey en 1835, laissant l’image d’une femme déterminée et profondément liée à l’histoire du château.


Le Marquis de la Fayette l'hôte de Cirey




Au début des années 1780, Adélaïde de Simiane devient la maîtresse du marquis de La Fayette. Cette relation est évoquée par Madame Vigée-Lebrun, grande portraitiste de son temps, qui mentionne dans son Journal une visite du jeune général à Adélaïde alors qu’elle est en train de faire son portrait. Elle parle de celle « dont, disait-on, il prenait soin ».

Fait exceptionnel pour l’époque, Adrienne de La Fayette, l’épouse du marquis, fait preuve d’une tolérance peu commune. Elle autorise son mari à passer un mois d’été auprès de sa maîtresse à Cirey et invite même ses enfants à appeler Madame de Simiane « notre tante ».